Acheter près de la mer sur la Costa Brava – Baix Empordà
- Xavier Riu
- 29 mai
- 8 min de lecture
Le marché en 2026
Le marché immobilier du Baix Empordà n’a jamais été homogène, mais en 2026 cette différence est plus marquée et documentée que jamais. Parler de prix moyens par commune n’a plus vraiment de sens. Au sein d’une même municipalité, on peut trouver des appartements à 2 000 €/m² et des villas à plus de 8 000 €/m². Ils ne sont pas en concurrence. Ils ne s’adressent pas au même acheteur. Et ils n’évoluent pas de la même manière.
Aujourd’hui, une seule variable définit réellement le marché : la proximité de la mer.
Cet article propose un guide indicatif pour comprendre quelles zones côtières du Baix Empordà correspondent le mieux à chaque profil d’acheteur, avec des données de prix croisées entre plusieurs sources ainsi que les principales dynamiques de marché qui comptent en 2026.

Quelles zones analysons-nous ?
Nous allons analyser huit zones côtières ayant chacune leur propre identité :
Sant Feliu de Guíxols (front de mer et centre-ville), S’Agaró / Platja d’Aro, Sant Antoni de Calonge, Palamós, la côte de Palafrugell (Calella de Palafrugell, Llafranc et Tamariu), Begur (centre et criques), Platja de Pals et L’Estartit.
Sont volontairement exclus les quartiers intérieurs de chaque commune, les centres urbains éloignés de la mer ainsi que le produit résidentiel purement local. Non pas parce qu’il s’agit de marchés secondaires, mais parce qu’ils obéissent à une logique totalement différente, et les mélanger fausserait l’analyse.
Le profil d’acheteur qui définit ce marché
Avant de parler de chiffres, il est important de comprendre qui achète dans ces zones. Le profil est très spécifique, ce qui explique pourquoi ce marché se comporte différemment du reste de l’Espagne.
La demande concerne majoritairement des résidences secondaires, avec une composante internationale importante et en croissance : acheteurs français et nordiques à Begur et sur la côte de Palafrugell, néerlandais et belges à Palamós et Sant Feliu, familles catalanes et espagnoles à la recherche de la maison d’été idéale ou d’un bien capable de générer un rendement locatif pendant les périodes où elles ne l’occupent pas.
Le télétravail a profondément modifié les usages. Ce qui se limitait autrefois à « juillet et août » s’est transformé en séjours de quatre, cinq voire six mois. Cela change complètement l’analyse coût/bénéfice entre achat et location, et pousse vers l’achat des profils qui auraient auparavant choisi de louer indéfiniment.
Un troisième facteur est également décisif : la moindre dépendance au financement bancaire. Sur le segment haut de gamme de ce marché, une part importante des transactions se réalise au comptant ou avec un financement partiel. Cela explique pourquoi la côte du Baix Empordà a beaucoup mieux résisté que d’autres marchés à la hausse du coût du crédit au cours des trois dernières années.

Les prix en 2026 : trois vitesses
Zones prime — Begur, Calella de Palafrugell / Llafranc / Tamariu et S'Agaró
Ce sont les marchés les plus rares, les plus recherchés à l’international et les plus résistants à toute correction. La moyenne municipale de Begur se situe autour de 4 500–4 600 €/m², avec des hausses de 6,5 à 7 % sur la dernière année. Mais cette moyenne inclut des zones plus éloignées du littoral : dans les criques — Sa Riera, Sa Tuna, Aiguablava, Fornells, Cap Sa Sal — les prix sont systématiquement plus élevés, et les biens d’exception en première ligne se situent très au-dessus de toute moyenne statistique.
La commune de Palafrugell affiche une moyenne de 3 000–3 100 €/m², mais ce chiffre est fortement tiré vers le bas par le poids du centre urbain (autour de 2 000 €/m²). À Calella de Palafrugell, Llafranc et Tamariu, la véritable référence de marché pour des biens bien situés près de la mer se situe entre 3 100 et 4 500 €/m², avec des transactions au-delà de cette fourchette pour les produits les plus exceptionnels. Depuis des années, Llafranc attire une clientèle exigeante — familles catalanes, investisseurs internationaux et générations qui reviennent — tandis que l’offre y reste réduite, exclusive et très recherchée.
S’Agaró constitue un cas à part : urbanisation privée historique, architecture singulière et plage de Sant Pol à proximité immédiate. Le marché y fonctionne comme un club fermé où l’offre est extrêmement rare, et lorsque des biens apparaissent, les prix reflètent cette rareté.
Hausse des prix dans ces zones : entre 5 % et 8 % par an.
Zones consolidées — Sant Feliu de Guíxols (côte), Sant Antoni de Calonge et Palamós
Ici, le marché offre davantage de liquidité, un volume de transactions plus élevé et un profil d’acheteur un peu plus diversifié. La moyenne municipale de Sant Feliu de Guíxols se situe autour de 3 200–3 270 €/m², avec de fortes différences internes : le secteur de Sant Pol–Volta de l’Ametller peut dépasser 3 800 €/m², tandis que les quartiers plus éloignés du littoral restent sous les 2 000 €/m². Le « Sant Feliu côtier » que nous analysons est en concurrence directe avec Platja d’Aro et Palamós, et non avec le marché résidentiel intérieur de la même commune.
Sant Antoni de Calonge affiche une moyenne de 3 300–3 400 €/m², ce qui en fait l’un des marchés les plus dynamiques du centre de la côte. Sa plage de sable fin, son accès facile et une offre récente de programmes neufs — avec des promoteurs ayant livré ou sur le point de livrer des logements en 2026 — le rendent attractif aussi bien pour une résidence personnelle que pour un investissement à rendement touristique.
Palamós a connu l’une des plus fortes progressions de la comarca au cours de l’année écoulée, avec une moyenne municipale autour de 3 100–3 200 €/m² et des hausses ayant frôlé les 11 % sur un an. Le secteur de La Fosca–Cala Margarida domine à l’intérieur de la commune, tandis que les quartiers plus éloignés de la mer restent nettement en dessous. À Palamós, l’écart de prix au mètre carré entre un bien en première ligne et un autre situé à dix minutes en voiture peut atteindre 40 à 50 %.
Hausse des prix dans ces zones : entre 4 % et 6 % par an.

Zones à plus fort potentiel — Platja de Pals et L’Estartit
Ce sont les deux options les plus accessibles du littoral du Baix Empordà pour ceux qui souhaitent vivre près de la mer sans atteindre les niveaux de prix de Begur ou du trio prestigieux de Palafrugell.
Torroella de Montgrí, qui comprend L’Estartit, affiche une moyenne municipale de 2 500–2 600 €/m², avec des hausses modérées de 4 à 5 % par an. L’Estartit possède quelque chose de difficile à reproduire : les Illes Medes à ses pieds, une baie protégée et un environnement naturel avec très peu de possibilités de développement futur. Le marché n’a pas encore totalement intégré cette valeur dans les prix, ce qui en fait l’un des actifs présentant le meilleur potentiel de revalorisation à moyen terme de toute la comarca.
Platja de Pals offre plage de sable fin, pins et tranquillité, avec des prix qui, pour des biens proches de la mer, se situent entre 2 500 et 3 500 €/m². Les hausses y sont plus modérées que dans les zones prime, mais la tendance reste orientée à la hausse à mesure que le stock disponible à Begur et Calella se raréfie.
Pourquoi le marché côtier continue-t-il de progresser ?
Quatre facteurs structurels qui ne montrent aucun signe d’inversion :
Rareté du foncier constructible
En première ligne sur la Costa Brava du Baix Empordà, il n’existe pratiquement plus de terrains constructibles. La réglementation côtière, les espaces naturels protégés et les plans d’urbanisme municipaux ont verrouillé le littoral. Ce qui existe déjà est limité, et les biens se transmettent lentement entre propriétaires privés.
Une demande internationale soutenue
La demande internationale n’est pas massive en volume, mais elle est constante et très solvable. Des acheteurs du nord de l’Europe qui louaient depuis des années franchissent aujourd’hui le pas de l’achat. Le marché de la location saisonnière haut de gamme sur cette côte a servi de vitrine pour beaucoup d’entre eux.
Un changement profond des usages
Avec la généralisation du télétravail, de nombreuses familles passent désormais trois, quatre voire six mois dans leur résidence secondaire. Cela transforme radicalement l’analyse entre acheter ou louer.

Valeur refuge
Dans un contexte d’incertitude mondiale, un bien immobilier bien situé sur le littoral méditerranéen se comporte comme un actif de préservation du capital. En particulier pour les acheteurs disposant d’un patrimoine moyen à élevé et cherchant à diversifier leurs investissements.
Prévisions 2026-2027
Le scénario le plus probable pour l’ensemble des zones côtières analysées reste celui d’une hausse modérée mais soutenue : entre 4 % et 6 % dans les zones consolidées, et légèrement davantage dans les zones prime où l’offre est plus limitée. Aucun signe de correction n’est visible. Les acheteurs sont plus sélectifs et prennent un peu plus de temps avant de décider — ils disposent de davantage d’informations et comparent plus — mais lorsqu’ils passent à l’achat, ils le font avec conviction.
Le principal risque ne vient pas de la demande, mais de la réglementation : toute évolution importante concernant les licences touristiques, la réglementation des usages ou la fiscalité sur les résidences secondaires pourrait modifier l’analyse de rentabilité de certains acheteurs-investisseurs. Jusqu’à présent, ce risque ne s’est pas matérialisé de manière significative dans le Baix Empordà.
L’idée qui résume tout
Dans le Baix Empordà, vous n’achetez pas simplement dans une commune. Vous achetez une distance à la mer.
Cette distance — mesurée en mètres jusqu’à la plage ou jusqu’à une crique — est aujourd’hui la variable la plus déterminante pour le prix, la liquidité et l’évolution future de n’importe quelle propriété dans cette région. Comprendre cela avant de chercher, avant de négocier et avant de décider fait la différence entre acheter intelligemment ou acheter trop cher sur un même marché.
Note méthodologique : Les prix mentionnés dans cet article sont donnés à titre indicatif et résultent du croisement de plusieurs sources d’analyse immobilière mises à jour début 2026. Chaque source appliquant des pondérations différentes — portails d’annonces, estimations automatisées, données de transactions — les chiffres peuvent varier de 10 % à 20 % d’une plateforme à l’autre pour une même commune. Nous avons travaillé à partir de la moyenne de ces sources afin d’offrir une référence aussi réaliste que possible. Il convient également de tenir compte du fait que le segment des biens d’exception en bord de mer — première ligne de crique, architecture singulière, parcelles uniques — obéit à sa propre logique : dans ces zones, les prix peuvent dépasser les 10 000 €/m², avec une opacité du marché qui fait que de nombreuses transactions n’apparaissent pas dans les données publiques. Cet article constitue un guide informatif destiné à aider à comprendre quelles zones côtières correspondent le mieux à chaque profil d’acheteur ; il ne s’agit pas d’un rapport d’expertise ou d’évaluation immobilière.
Si vous possédez un bien sur la Costa Brava / Baix Empordà, il vaut probablement plus que vous ne l’imaginez. Le marché a changé. Contactez-nous et nous vous dirons exactement combien il vaut, sans engagement.

Commentaires